La vraie recette des tomates farcies comme autrefois

09 August 2026
12 min de lecture

Cuisine rétro · Le plat du dimanche

Les tomates farcies comme autrefois, ce sont des tomates bien mûres, évidées et dégorgées, garnies d'une farce à la chair à saucisse liée à la mie de pain, posées sur un lit de riz cru qui boit le jus, puis cuites longuement à four doux, 1 h 15 à 1 h 30 en arrosant. Un plat de ménagère, né pour finir les restes du rôti, devenu le grand classique des dimanches d'août. Voici la recette complète pour 6, les temps de cuisson selon la taille des tomates, et notre position, assumée, sur l'éternel débat du riz.

L'essentiel

  • Des tomates côtelées, mûres mais fermes, évidées, salées et dégorgées 20 minutes.
  • La farce d'autrefois : chair à saucisse, veau ou restes de rôti, persil, ail, mie au lait.
  • Le riz ? Cru, au fond du plat, jamais dans la farce : il cuit dans le jus des tomates.
  • Cuisson lente : 1 h 15 à 1 h 30 à 180 puis 150 °C, en arrosant toutes les 20 minutes.
  • Le plat à gratin passe du four à la table : prévoyez le dessous de plat, pas la vaisselle de service.

Les tomates farcies, plat du dimanche par excellence

Les tomates farcies sont un plat de ménagère du répertoire français : on y finissait les restes du rôti en les glissant dans les légumes du jardin. Un plat unique, généreux, qui cuit tout seul pendant que la famille arrive. C'est cette version-là, lente et sans chichis, que nous vous donnons ici.

Il y a des recettes qui se transmettent par écrit, et d'autres par l'odeur. Les tomates farcies appartiennent à la seconde famille. Le dimanche matin, le plat entrait au four vers onze heures ; à midi et demi, toute la maison savait ce qu'il y avait à déjeuner. Personne ne réclamait le menu.

Ce plat a une logique paysanne : rien ne se perd. La viande du pot-au-feu ou du rôti de la veille, hachée avec de l'ail et du persil, repartait au four dans des tomates du potager. La tomate reste d'ailleurs le légume le plus acheté de France, autour de 13 à 14 kg par ménage et par an (FranceAgriMer). En août, quand le jardin déborde, la farcie devient une évidence.

La recette qui suit est calibrée pour 6 convives, dans un grand plat à gratin qui ira du four à la table : 45 minutes de préparation tranquille, puis le four travaille seul.

Quelles tomates choisir pour des tomates farcies ?

Choisissez des tomates rondes et charnues, mûres mais encore fermes : côtelées type marmande, ou cœur de bœuf pour une farcie par personne. Comptez deux tomates moyennes par convive. Évitez les variétés très juteuses et les tomates trop mûres, qui s'affaissent à la cuisson au lieu de tenir debout.
Grosses tomates côtelées mûres sur une planche en bois, dont une coupée en deux
Des tomates côtelées bien mûres mais fermes : la moitié de la recette se joue à l'étal.

Une bonne tomate à farcir est lourde en main, d'un rouge franc. Sa chair épaisse fera rempart pendant la cuisson. Les variétés côtelées d'août, marmande en tête, ont été dessinées pour ça par des générations de maraîchers.

Le calibre compte autant que la variété. Deux tomates de 120 à 150 g par personne, c'est la proportion des grandes tablées. Une seule cœur de bœuf de 300 g fait le même office, avec plus de panache au moment du service. Gardez les chapeaux : ils protègent la farce et signent le plat.

Dernier conseil d'ancienne : gardez vos tomates à l'air libre, jamais au réfrigérateur. Le froid éteint leur parfum, et ce parfum est précisément ce que vous mettrez au four.

La farce comme autrefois : chair à saucisse et persil

La farce d'autrefois se compose de chair à saucisse détendue avec du veau haché ou des restes de rôti, d'oignon et d'ail fondus, d'un gros bouquet de persil plat, de mie de pain trempée dans le lait et d'un œuf pour lier. Comptez 150 g de farce par personne, poivrez franchement, salez à peine.
Farce à la viande et au persil mélangée à la cuillère en bois dans un saladier
Chair à saucisse, persil, ail et mie au lait : la farce se mélange à la cuillère en bois, ou à la main.

La chair à saucisse fait le goût : assez grasse pour rester moelleuse après une heure et quart de four, et déjà assaisonnée. Le veau haché ou les restes du rôti l'allègent et lui donnent du caractère.

La mie de pain trempée dans le lait garde la farce souple ; sans elle, la viande se resserre en boulette compacte. Essorez-la à peine avant de l'incorporer. L'œuf lie l'ensemble, le persil apporte la fraîcheur, et une pointe de thym rappelle le Midi.

Attention au sel, c'est le piège classique. La chair à saucisse est déjà salée, et vous aurez salé l'intérieur des tomates pour les faire dégorger. Poivrez généreusement, salez du bout des doigts.

Riz au fond du plat : on tranche le vieux débat

Chez La Carafe, on vote riz, mais au fond du plat et cru : semé sous les tomates, il cuit doucement dans leur jus et devient l'accompagnement le plus fondant qui soit. Jamais dans la farce, où il pompe le moelleux. Comptez 20 g de riz cru par personne et un demi-verre d'eau chaude.

Le débat divise les familles depuis toujours : riz dans la farce, riz sous les tomates, ou tout-viande avec un riz cuit à part. Chaque école a ses grands-mères pour témoigner. Il faut pourtant choisir un camp.

Notre position tient en une image : le fond du plat. Ce jus rouge, mêlé de gras de farce et de thym, est trop précieux pour finir éponge dans un torchon. Le riz cru semé sous les tomates le boit pendant une heure, gonfle, caramélise sur les bords. Beaucoup de convives avouent préférer le riz aux tomates.

Poivrons farcis au riz coiffés de tomate, serrés dans un plat de cuisson
Chez les cousins méditerranéens, poivrons et tomates se farcissent au riz : une autre école du même plat généreux.

Les cousins méditerranéens ont d'ailleurs tranché autrement : en Grèce ou en Provence, les petits farcis mêlent souvent le riz à la garniture même. C'est très bon aussi, mais c'est un autre plat. La farcie des dimanches français garde sa farce à la viande et son riz en dessous.

La recette des tomates farcies pas à pas

Évidez et faites dégorger les tomates salées 20 minutes. Préparez la farce, semez le riz cru au fond du plat huilé avec la moitié de la pulpe concassée, farcissez en dôme, coiffez des chapeaux, arrosez d'huile d'olive. Enfournez 45 minutes à 180 °C, puis 30 à 45 minutes à 150 °C en arrosant.

Les ingrédients (pour 6, plat familial)

  • 12 tomates rondes moyennes (ou 6 grosses côtelées), avec leurs chapeaux
  • 600 g de chair à saucisse
  • 300 g de veau haché, ou les restes d'un rôti hachés au couteau
  • 2 oignons, 3 gousses d'ail, 1 gros bouquet de persil plat, quelques brins de thym
  • 90 g de mie de pain rassis et 12 cl de lait
  • 1 œuf, sel, poivre du moulin, 1 pincée de sucre par tomate
  • 120 g de riz cru (facultatif, mais vous connaissez notre avis)
  • Huile d'olive
  1. Lavez les tomates, découpez les chapeaux au couteau, évidez-les à la cuillère en gardant toute la pulpe. Salez l'intérieur et retournez-les 20 minutes sur une grille.
  2. Faites tremper la mie de pain dans le lait. Faites fondre les oignons et l'ail hachés dans un filet d'huile d'olive, sans coloration.
  3. Mélangez chair à saucisse, veau, oignons fondus, persil ciselé, mie essorée et œuf. Poivrez bien, salez à peine. Testez une noisette à la poêle.
  4. Huilez le plat à gratin. Semez le riz cru, ajoutez la moitié de la pulpe concassée et un demi-verre d'eau chaude.
  5. Glissez une pincée de sucre dans chaque tomate, farcissez en dôme généreux, remettez les chapeaux.
  6. Rangez les tomates côte à côte sur le riz, arrosez d'un filet d'huile d'olive, parsemez de thym.
  7. Enfournez 45 minutes à 180 °C, puis baissez à 150 °C pour 30 à 45 minutes selon le calibre, en arrosant du jus toutes les 20 minutes.
  8. Laissez reposer 10 minutes avant de servir, dans le plat, au milieu de la table.

Et la pulpe restante ? Ne la jetez surtout pas : c'est la base d'une sauce tomate maison qui parfumera les pâtes de la semaine. Les anciennes n'auraient pas fait autrement.

Cuisson lente au four : les temps selon la taille

Comptez 1 h à 1 h 15 pour des tomates moyennes, 1 h 15 à 1 h 30 pour des grosses côtelées, jusqu'à 1 h 45 pour des cœurs de bœuf : toujours 45 minutes à 180 °C puis le reste à 150 °C. La farcie réussie confit plus qu'elle ne rôtit, et le riz demande 10 minutes de plus.

La cuisson lente fait la farcie d'autrefois. À four vif, la tomate éclate et la farce sèche ; à four doux, la tomate confit et la farce reste juteuse sous une croûte fine. Si vos tomates colorent trop vite, remettez les chapeaux et baissez d'un cran.

Format de tomate Poids indicatif Temps au four (180 °C puis 150 °C) Le bon geste
Cocktail (bouchées) 60 à 80 g 35 à 45 min Farce affleurante, chapeaux dès le départ
Ronde moyenne (2 par personne) 120 à 150 g 1 h à 1 h 15 Arroser du jus toutes les 20 minutes
Grosse côtelée, marmande 200 à 250 g 1 h 15 à 1 h 30 Chapeaux remis à mi-cuisson s'ils brunissent
Cœur de bœuf (1 par personne) 300 g et plus 1 h 30 à 1 h 45 Baisser à 150 °C dès que le dôme colore
Avec riz au fond du plat tous formats ajoutez 10 min Un demi-verre d'eau chaude au fond, jamais sur les tomates

Un repère simple pour juger la cuisson : le jus doit frémir doucement autour des tomates, jamais bouillonner. À la sortie, la peau est plissée et le dôme a pris une couleur acajou. La pointe du couteau doit entrer dans la farce sans résistance. Dix minutes de repos, et le jus se pose.

Du four à la table : le service du dimanche

Les tomates farcies ne se transvasent pas : le plat à gratin arrive tel quel au milieu de la table, posé sur un dessous de plat, et chacun se sert. Prévoyez de grandes assiettes, du pain pour saucer, des serviettes en tissu et une carafe d'eau bien fraîche. Rien d'autre.

Ce plat impose son propre cérémonial, hérité des cuisines d'autrefois : on sert dans le plat de cuisson, encore grésillant, et tant pis pour les manières. Le dessous de plat vintage existe pour ce moment précis : le plat brûlant trône au centre, la table ne garde aucune cicatrice.

Autour, la table du dimanche se dresse simplement : de grandes assiettes qui ont du vécu, des serviettes en tissu qui ne craignent pas le jus de tomate, et une carafe d'eau fraîche qui fait des allers-retours. Les couverts de service et la corbeille de pain circulent sur un plateau de service rétro.

Le pain n'est pas une option : le fond du plat, jus, riz doré et thym mêlés, se dispute poliment mais fermement. Dans certaines familles, il existe même un ordre de passage.

Le lendemain, elles sont encore meilleures

Réchauffées 20 minutes à 150 °C sous une feuille d'aluminium, les tomates farcies du lendemain gagnent en fondant ce qu'elles perdent en allure. Elles se congèlent aussi très bien, cuites, dans une boîte fermée, pour 2 à 3 mois. Le riz du fond, lui, ne fait jamais long feu.

Toutes les cuisinières le savent : la farcie est un plat de patience qui récompense l'attente. Une nuit au frais, et les goûts se sont mariés. Réchauffez doucement au four, jamais à feu vif, avec une cuillerée d'eau au fond du plat pour relancer le jus.

Si vous avez vu trop grand, congelez les farcies cuites et refroidies, serrées dans une boîte. Un dimanche pluvieux d'octobre vous remerciera. Et si le potager déborde aussi de courgettes, notre méthode pour congeler les courgettes relève du même esprit d'économie.

Quant au surplus de pulpe et de jus, il part en coulis dans des bocaux, comme autrefois : notre guide pour stériliser ses bocaux détaille le geste. Août se met en réserve, l'hiver dira merci.

Vos quantités en trente secondes

Indiquez votre nombre de convives et votre camp dans le débat du riz : le calculateur vous donne le nombre de tomates, les poids de chair à saucisse, de veau, de mie et de riz, le compte d'œufs et la taille du plat. La recette reste la même, de 2 à 24 couverts.

Les tomates farcies se moquent du nombre : un couvert de plus ne change rien. Renseignez vos deux réponses, le reste s'affiche.

Le compte est bon : vos tomates farcies

Combien serez-vous à table dimanche ?

Il ne reste plus qu'à choisir le dimanche. Celui où la maison sentira la tomate confite et le thym dès la fin de matinée, et où quelqu'un demandera, l'air de rien, s'il reste du riz au fond du plat. Bon dimanche, et bon appétit.

La table du dimanche, comme autrefois.

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Foire Aux Questions (FAQ)

Faut-il mettre du riz dans les tomates farcies ?

Les deux écoles existent. Chez nous, le riz cru se glisse au fond du plat, jamais dans la farce : il cuit dans le jus des tomates et devient fondant. Comptez 20 g par personne et un demi-verre d'eau chaude. La farce, elle, reste à la viande, comme autrefois.

Comment éviter que les tomates farcies rendent trop d'eau ?

Évidez les tomates, salez l'intérieur et laissez-les dégorger retournées 20 minutes sur une grille. Une pincée de sucre dans chaque tomate adoucit l'acidité. Enfin, semez du riz cru au fond du plat : il absorbe le jus de cuisson et le transforme en accompagnement fondant.

Quelle viande pour des tomates farcies ?

La base d'autrefois, c'est la chair à saucisse : grasse, goûteuse, elle reste moelleuse à la cuisson. Détendez-la avec du veau haché ou des restes de rôti, ajoutez oignon, ail, persil, une mie de pain trempée dans le lait et un œuf. Comptez 150 g de farce par personne.